Le Japon compte 17 centrales nucléaires totalisant ainsi 55 réacteurs. Pendant des décennies on a entretenu le double mythe de la sécurité de l’énergie nucléaire et de l’efficacité des normes antisismiques imposées à l’industrie. Le tremblement de terre et le tsunami survenus le 11 mars au Japon a balayé d’un seul revers de main ces deux certitudes. A l’heure où la catastrophe nucléaire menace de s’abattre sur une population qui avait déjà payé un lourd tribut à la technologie la plus meurtrière de l’humanité à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, nous pouvons nous demander: comment en est-on arrivé là?
Des centrales nucléaires sur l’une des zones les plus sismiques de la planète, tout ça pour produire assez d’énergie pour alimenter les industries de masse qui arrosent le monde de technologie, de voitures, d’électronique, de je-ne-sais-quoi, un monde qui en redemande et qui au fond pousse le Japon, la Chine, les Etats-Unis ou la France à donner de plus en plus dans le démesuré et l’extravagance. Parce que perdre l’occasion de faire des bonnes affaires, c’est au fond beaucoup plus effrayant pour les gouvernements que de jouer la pérennité de l’espèce à la roulette russe. Au point d’avoir perdu le sens des réalités: aucune technologie au monde ne peut protéger l’homme de la force incommensurable de la Nature. Les technologies antisismiques permettent de limiter les dégâts mais quand un tremblement de Terre ébranle l’axe de rotation de la planète entière, sont-ce les frêles constructions humaines qui vont réussir à tenir le choc? Quand les phénomènes géologiques bougent des continents entiers, sont-ce ces quelques bâtiments de fer et de béton qui vont rester debout?
La sécurité d’une infrastructure c’est l’assurance de son bon fonctionnement lors de conditions normales d’utilisation, mais aussi de sa non-nocivité lors des situations extrêmes. Et le nucléaire, dans les conditions normales, c’est des déchets ingérables, et dans les conditions extraordinaires comme celle du Japon actuellement c’est la menace fort plausible d’un holocauste nucléaire. Sans parler du fait que pour faire de l’énergie atomique il faut de la matière radioactive, extraite en quasi totalité d’Afrique par la firme française Areva, dans des régions géostratégiquement maintenues en état de guerre permanente par la France notamment.
Ah mais oui, comme on va me dire, ah mais oui, mais sait-on par quoi remplacer le nucléaire? Parce que paraît-il nous ne connaissons aucune autre énergie, dans l’état actuel des technologies, qui puisse subvenir mieux que le nucléaire aux besoins de l’humanité. Mais les besoins de l’humanité c’est quoi? 10% d’utile et 90% de superflu? Et c’est pour ça qu’on se met en danger? Les gouvernements, certainement, savent quelque part que stopper la fuite en avant du nucléaire, ne peut passer que par l’imposition de limites restrictives en matière de politique énergétique. Mais c’est impopulaire pour un élu, de combattre les bons chiffres des milieux économiques et le confort de tout un chacun, c’est un coup à vous faire perdre des élections vous voyez, alors qu’agiter la menace des immigrés qui se massent aux frontières et qu’il faut repousser à tout prix, sous peine de se faire bouffer tout cru, ça par contre, c’est assez porteur pour se faire élire. D’ailleurs, pour pousser l’absurde encore plus loin, au moment même où des images inquiétantes nous viennent du Japon, au lieu de profiter de la catastrophe pour remettre en cause l’ensemble du système énergétique mondial et tenter de réparer les erreurs du passé, les gouvernements défendent publiquement le nucléaire et écartent avec énergie la possibilité des scénarios à la Tchernobyl: comment croire ces gouvernements aujourd’hui alors qu’hier ils nous mentaient pour nous persuader que le nucléaire c’était la sécurité? Quant à l’entité – en théorie – la plus compétente en matière de risques nucléaires, à savoir l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, c’est avec un certain effarement que nous nous rappelons qu’elle a passé la dernière décennie totalement obsédée par les quelques missiles que l’Iran aurait éventuellement pu produire, alors que des centrales nucléaires en équilibre précaire sur des failles sismiques, elle les présentait comme sûres.


Ouais enfin bon les 90% d’inutiles des uns le sont pour d’autres, mourir de froid car le blouson est plus utile de que le radiateur c’est un concept des adorateurs de la yourte que je ne partage pas.